Catégorie ha

AirPlus : « La carte corporate n’est plus un outil de paiement, elle est au cœur de la transformation »


Ludovic Delfour, Strategic Account Manager chez AirPlus International, décrypte les nouveaux enjeux liés aux paiements professionnels et le rôle croissant des programmes de cartes affaires dans la gouvernance des dépenses. Dans un contexte de digitalisation accélérée, de multiplication des fraudes et de pression accrue sur la conformité, la gestion des dépenses professionnelles revient au cœur des préoccupations des directions achats et finance.

Ludovic Delfour, Strategic Account Manager chez AirPlus International. - © D.R.
Ludovic Delfour, Strategic Account Manager chez AirPlus International. - © D.R.

Les entreprises ont longtemps fonctionné avec des cartes personnelles et des remboursements sur note de frais. Pourquoi ce modèle est-il aujourd’hui remis en question ?

Historiquement, la note de frais suivie d’un remboursement était perçue comme un simple processus administratif. Mais avec la multiplication des déplacements, l’essor du télétravail, l’augmentation des achats décentralisés et surtout la montée des risques de fraude - parfois sophistiqués et assistés par l’IA - ce modèle montre ses limites.

Il génère trois fragilités majeures. La première est un manque de visibilité en temps réel sur les dépenses et une dispersion des paiements. Les équipes finance ne découvrent souvent les transactions qu’au moment de la note de frais. La deuxième est une exposition accrue aux fraudes et aux erreurs et la troisième une charge administrative importante pour les équipes finance, avec la collecte de justificatifs, les contrôles et les remboursements.

La carte personnelle brouille la frontière entre dépenses privées et professionnelles, ce qui complique les contrôles et fragilise la gouvernance

La carte personnelle brouille également la frontière entre dépenses privées et professionnelles, ce qui complique les contrôles et fragilise la gouvernance. En découle un risque social (un salarié cadre sur sept est à découvert chaque mois du fait des dépenses professionnelles avancées), un risque juridique (les retards de remboursement peuvent créer des tensions, contentieux, atteinte à la réputation) et un risque financier lié aux fraudes, erreurs comptables ou perte d’avantages négociés avec certains fournisseurs. Avec l’arrivée de l’IA, certaines falsifications de reçus deviennent plus sophistiquées. La réponse ne peut plus être uniquement déclarative : elle doit être structurelle et plus sécurisée.

Qu’est-ce qui pousse aujourd’hui les entreprises à déployer un programme de cartes affaires ? Et comment se différencie votre approche ?

Les entreprises veulent avant tout reprendre le contrôle sur leurs dépenses professionnelles tout en simplifiant l’expérience pour les collaborateurs. C’est là qu’intervient la carte corporate. Certaines entreprises n’ont pas encore de programme de cartes affaires. D’autres ont déjà une carte corporate mais cherchent des solutions plus digitalisées, plus intégrées et plus flexibles. Dans les deux cas, les attentes sont très similaires : simplifier les processus, réduire la charge administrative, améliorer la visibilité sur les dépenses et sécuriser les paiements.

C’est précisément ce à quoi répond un programme de cartes affaires moderne. Depuis le 1er août 2024, AirPlus fait partie de SEB Kort Bank, filiale du groupe bancaire suédois SEB Group. Notre positionnement repose sur trois piliers. D’abord, notre solidité financière. Pour les directions financières, cet ancrage bancaire est un gage de stabilité réglementaire et de sécurité dans un secteur très régulé.

Ensuite, nous sommes les seuls à proposer une solution véritablement unifiée à l’échelle européenne (29 marchés actuellement, 33 pays bientôt). Nos clients internationaux bénéficient d’un programme harmonisé, avec un cadre contractuel cohérent et des process standardisés dans plusieurs pays.

Enfin, notre ADN est historiquement lié au business travel et aux paiements B2B. Notre carte corporate s’intègre naturellement à l’écosystème des TMC, aux outils de notes de frais et aux ERP, ce qui permet une réconciliation fluide et des données enrichies.

Comment la technologie transforme-t-elle ces programmes de cartes ?

La technologie joue aujourd’hui un rôle clé. Les programmes de cartes modernes s’appuient sur plusieurs briques : l’intégration avec les outils de gestion des dépenses, des plateformes d’analyse permettant de mieux exploiter la donnée et des interfaces digitales pour les administrateurs comme pour les porteurs de cartes.

Au-delà de ces aspects, on observe une évolution très forte des attentes côté utilisateurs. Les collaborateurs attendent désormais la même simplicité et fluidité que dans leurs usages personnels. Cela passe par des fonctionnalités devenues standards dans le quotidien : paiement sans contact, paiement mobile via wallet, ou encore accès à une application mobile pour suivre ses dépenses.

Un programme de cartes n’est efficace que s’il est adopté par les utilisateurs. L’expérience porteur devient donc un levier à part entière de succès

L’acceptation de la carte est également un point sensible. S’appuyer sur un réseau mondial comme Mastercard permet de garantir une utilisation simple et fluide, y compris à l’international. Cette dimension est essentielle : un programme de cartes n’est efficace que s’il est adopté par les utilisateurs. L’expérience porteur devient donc un levier à part entière de succès.

Quels bénéfices ?

Un programme de cartes corporate crée de la valeur pour plusieurs acteurs de l’entreprise.

Les collaborateurs n’ont plus besoin d’avancer les frais professionnels, leur onboarding est 100 % digitalisé, le paiement est possible sur mobile (Apple Pay / Google Pay), les notes de frais sont simplifiées grâce aux données transactionnelles et la couverture d’assurance est étendue

Les directions finance obtiennent une meilleure traçabilité des dépenses, un reporting consolidé et un contrôle renforcé des politiques internes.

Les directions achats apprécient d’avoir un portail d’administration centralisé, une meilleure visibilité sur les dépenses fournisseurs et la possibilité d’agréger les données pour optimiser les négociations.

En quoi la carte corporate répond-elle mieux aux exigences actuelles des directions achats ?

Nous assistons à une transformation structurelle. Les directions achats et finance ne cherchent plus uniquement à payer, mais à piloter. Un programme de cartes affaires permet de centraliser les flux, de tracer les transactions en temps réel, d’effectuer des paramétrages précis (plafonds, catégories marchands, restrictions géographiques) et d’obtenir une meilleure conformité aux politiques internes.

La donnée transactionnelle devient un actif stratégique. Surtout, elle permet de passer d’un contrôle a posteriori à une logique de prévention du risque. On encadre la dépense en amont plutôt que de corriger après coup. La transaction devient traçable dès son émission. Par exemple, un reçu falsifié ne peut pas générer une transaction inexistante : la donnée de paiement devient la référence.

L’intégration en temps réel avec les outils de notes de frais et les ERP permet une réconciliation automatique et une fiabilisation des données. La carte corporate n’est plus un outil de paiement, elle est au cœur de cette transformation, car elle structure et fiabilise la donnée dès l’origine. Demain, la question ne sera plus “comment rembourser efficacement ?” mais “comment sécuriser et exploiter intelligemment chaque euro dépensé ?”.

C’est dans cette logique que nous avons développé chez AirPlus une approche qui vise à proposer une solution unique et cohérente pour les entreprises opérant dans plusieurs marchés européens, tout en restant intégrée à l’écosystème du business travel et des dépenses professionnelles.

Cas d’usage de clients de cartes corporate AirPlus. - © D.R.
Cas d’usage de clients de cartes corporate AirPlus. - © D.R.

Dans la pratique, les problématiques varient selon les secteurs d’activité. Dans le secteur des services ou du conseil, par exemple, les collaborateurs se déplacent régulièrement et doivent engager des frais de transport, d’hébergement ou de restauration. L’enjeu principal est d’éviter l’avance de frais et de simplifier la gestion des notes de frais. Dans certaines industries ou organisations publiques des cartes peuvent être rattachées directement au compte de l’entreprise afin de gérer des dépenses opérationnelles spécifiques, par exemple pour des formateurs ou des équipes terrain. Dans les grandes entreprises internationales, la priorité est souvent d’avoir une visibilité consolidée sur les dépenses à l’échelle de plusieurs pays.

Dans tous les cas, la mise en place d’un programme de cartes affaires permet de réduire les avances de frais, d’améliorer la visibilité sur les dépenses, de simplifier la gestion administrative, de réaliser des économies et de renforcer la conformité.

Nouveautés AirPlus

Vers une carte corporate harmonisée à l’échelle européenne

AirPlus a récemment enrichi son programme de carte affaires en proposant désormais le même produit Corporate dans 29 marchés (33 à terme), avec des données en temps réel et une intégration fluide dans les outils de gestion des dépenses.

• Une solution globale de paiement, émise par AirPlus

• un contrat, un partenaire pour toutes les dépenses

• Un portail unique et modernisé pour gérer tous les produits 24/7

• Contrôle total à tout moment : 100 % des dépenses maitrisées en temps réel et paramétrages 100 % personnalisables

• Acceptation mondiale avec Mastercard

• Intégration avec les outils de gestion des dépenses des fonctionnalités mobiles (paiement sans contact Apple/ Google Pay , application dédiée)

• Données sont consolidées dans notre plateforme d’analyse des dépenses