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BCG et le Carbon Disclosure Project créent un outil de mesure de l’empreinte CO2 des fournisseurs

Par Mehdi Arhab | le | Consultant

Le cabinet de conseil BCG et le Carbon Disclosure Project (CDP), organisation internationale à but non lucratif, prévoient de lancer au début du deuxième semestre 2022, une solution qui vise à faciliter la mesure de l’empreinte carbone des fournisseurs. Une aubaine pour bien des entreprises.

BCG et le Carbon Disclosure Project créent un outil de mesure de l’empreinte CO<sub>2</sub> des fournisseurs
BCG et le Carbon Disclosure Project créent un outil de mesure de l’empreinte CO2 des fournisseurs

Dans la foulée d’une étude réalisée de conserve sur l’année 2021, le BCG et le CDP ont fait un constat simple : rares sont les fournisseurs qui dévoilent leur empreinte environnementale. François Bastard, chef de projet pour le BCG, indique d’ailleurs que 80 % des 23 000 fournisseurs interrogés en 2021, via un questionnaire, « ne communiquent pas les émissions carbones de leur propre supply chain ». Un non-sens intégral, puisque ces émissions de gaz à effet de serre, bien qu’indirectes, pèsent onze fois plus que celles engendrées par l’activité directe de la société. Par ailleurs, seuls 44 % des fournisseurs se fixent de réels objectifs climatiques et 28 % d’entre eux seulement s’appuient sur un plan de transition tangible. 

François Bastard. - © Kira Vygrivach
François Bastard. - © Kira Vygrivach

Ce n’est pas simple de connaître le point de départ de ces émissions. Cela demande des outils performants, des compétences particulières et d’accepter d’y passer du temps 

 

Des difficultés à jauger l’empreinte carbone de la chaîne d’approvisionnement

Alors que l’époque en appelle à une prise de conscience considérable de tous les acteurs - en particulier des entreprises -, afin de faire baisser les émissions de gaz à effet de serre, nombre de structures peinent encore à mesurer la véritable incidence de leur supply chain sur l’environnement. « Le Scope 3 amont est difficile à appréhender par les entreprises », explique Anouk Placet, Principal au cabinet BCG. « Cela demande de travailler avec l’ensemble de la chaîne de valeur, l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement. Ce n’est pas simple de connaître le point de départ de ces émissions. Cela demande des outils performants, des compétences particulières et d’accepter d’y passer du temps », ajoute d’autre part François Bastard, qui souligne ainsi la difficulté pour les entreprises d’avoir une parfaite compréhension du sujet.

Expérimenté et largement averti pour ce qui est de l’analyse des Scopes 1 et 2, le cabinet de conseil stratégique accompagne d’ores et déjà ses clients dans la conduite de leurs objectifs en matière de décarbonation. Après s’être aperçu que peu d’outils demeuraient sur le marché et dans l’intention de répondre à un besoin grandissant sur le Scope 3, le BCG, accompagné du CDP, a dès lors imaginé une solution de calcul de l’impact carbone de la chaîne d’approvisionnement. L’objectif ? Aider les entreprises à appréhender, piloter et réduire l’empreinte carbone de cette dernière. « Dans le cadre de notre outil cœur baptisé CO2 AI, nous assistons déjà nos clients de tout type d’industrie, de grands groupes généralement. Nous avons remarqué qu’ils n’avaient que très peu d’informations à leur disposition sur leur chaîne de valeur. C’est pour répondre à ce besoin de mesure exhaustive et précise des émissions que nous avons développé cette plateforme », rappelle Anouk Placet.

La volonté de simplifier les démarches et d’encourager le plus grand nombre

Cette solution a pour fonction, bien sûr, de simplifier une démarche extrêmement chronophage et anxiogène d’ordinaire. « Nos clients devaient envoyer manuellement des centaines de requêtes à des fournisseurs qui, parfois, n’avaient aucune idée de leur empreinte environnementale. Sans compter toutes les inquiétudes réelles concernant la confidentialité et l’échange de données », affirme Anouk Placet.

La plateforme, dont le lancement est prévu pour l’intervalle juillet-septembre, confirment Anouk Placet et François Bastard, se présentera sous forme de portail en ligne. Cette solution, à laquelle aura accès chaque partie prenante - avec une interface personnalisée -, collectera et stockera les Datas. Les secteurs et entreprises clients, nombreux, profiteront alors de l’expertise des experts du BCG qui décomposeront de manière approfondie les données reportées (analyse et nettoyage des données et identification des éventuels problèmes).

Les acteurs s’emploient pour changer la donne 

« Les entreprises auront à leur disposition un calculateur leur permettant d’opérer en toute simplicité. Il a été pensé pour les aider convenablement dans leurs démarches. Le CDP est l’une des ONG de référence sur le reporting carbone et environnemental. Et en alliant nos forces, nous proposons une solution pour guider les entreprises dans leurs parcours de mesure et de réduction des émissions Scope 3 », soutient Anouk Placet. Désormais, reste aux entreprises à se donner une ambition en la matière et à la livrer en identifiant les bonnes pratiques.

Anouk Placet. - © D.R.
Anouk Placet. - © D.R.

Il faut avoir une approche globale, par écosystème, pour trouver plus de solutions collectives

Anouk Placet, elle, ne cache pas ses espoirs et salue une certaine conscientisation. « Le sujet est pris à bras le corps. Nous sommes énormément sollicités sur ces enjeux par nos clients historiques, qui n’étaient pas forcément sensibilisés ces dernières années. Mais il faut avoir une approche globale, par écosystème, pour trouver plus de solutions collectives », note-t-elle. « La prise de conscience est récente et s’accélère. Elle est induite par la conjoncture, mais aussi poussée par le législateur, les investisseurs, les consommateurs et les collaborateurs. De nombreuses entreprises accélèrent dans la prise d’engagement, mais aussi dans l’action », se réjouit de son côté François Bastard.

 

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