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Avec Ecubel, le groupe ATF met un premier pas à l’international

Par Guillaume Trecan | le | It

Le groupe ATF, spécialiste du recyclage de matériel informatique et acteur de l’économie sociale et solidaire, vient de racheter le belge Ecubel : une porte d’entrée vers l’Europe qui va booster sa force de vente, mais surtout sa capacité de sourcing de matériels informatiques en attente d’une seconde vie.

Sylvain Couthier, président du groupe ATF. - © Aurelia Blanc
Sylvain Couthier, président du groupe ATF. - © Aurelia Blanc

« Cela fait plusieurs années que nous réfléchissons à la manière d’appréhender l’international », confesse, Sylvain Couthier, président du groupe ATF, qui réalise 23 millions d’euros de chiffre d’affaires avant rachat d’Ecubel, 26 millions d’euros après et va passer avec cette acquisition de 160 à 180 collaborateurs. « Cela nous permet de commencer à dupliquer nos offres en Europe du Nord auprès de nos clients grands donneurs d’ordres avec lesquels nous travaillons aujourd’hui en France », explique le patron de ce spécialiste de la récupération et du reconditionnement, dont plusieurs clients ont des filiales en Europe du Nord. Au-delà de la Belgique, ATF ambitionne, grâce à Ecubel, de s’attaquer à d’autres marchés comme l’Allemagne.

40 % de collaborateurs en situation de handicap

Le vaisseau amiral du groupe ATF est une entreprise adaptée, ATF Gaïa. En moyenne, le groupe emploie 40 % de personnes en situation de handicap. Ecubel devrait épouser à plus ou moins brève échéance les valeurs du groupe. « Il nous faut d’abord mettre en place des synergies, bien appréhender le rapprochement des deux structures et diffuser les valeurs que porte le groupe pour ensuite, le cas échéant, transformer le modèle en entreprise adaptée ou en y accolant une structure du type ATF Gaia », tempère Sylvain Couthier, qui prévoit d’orienter ses recrutements à venir vers de l’insertion et l’impact social.

Nous allons faire bénéficier Ecubel de notre savoir-faire en e-commerce

Le développement international est le deuxième axe stratégique d’Ecubel après la digitalisation, déjà largement entamée il y a huit ans via la création, sous la marque Digitalia, des plateformes de reconditionnement LapTopService.fr et TradeDiscount.com, qui ne commercialisent que des produits issus des sites de reconditionnement du groupe. « Nous allons faire bénéficier Ecubel de notre savoir-faire en e-commerce, notamment sur l’Europe du Nord et en priorité la Belgique et aux Pays-Bas », annonce le président du groupe ATF.

Trouver de nouvelles sources de produits à recycler

Pour développer sa surface commerciale en Europe, ATF peut compter sur le dirigeant d’Ecubel qui devient actionnaire du groupe. Mais il va aussi permettre à la société de bénéficier d’une surface de sourcing de matériel informatique. « Le nerf de la guerre, dans notre métier, c’est plus le sourcing que la vente, analyse Sylvain Couthier. Nous allons donc développer le savoir-faire d’ATF Gaïa sur la reprise de parc et l’effacement de données et nous allons pouvoir diffuser notre offre commerciale de reprise sur les pays d’Europe du Nord. »

La question du sourcing du matériel informatique à recycler est d’autant plus importante que moins d’entreprises cherchent dernièrement à se débarrasser de leurs ordinateurs parce qu’elles peinent à renouveler leur parc du fait des pénuries de composants électroniques. « Nous sommes en bout de chaîne. Pour que nous récupérions des machines sortantes, il faut qu’une entreprise renouvelle son parc et qu’elle acquière des machines neuves », rappelle Sylvain Couthier dont les équipes traitent en moyenne 350 000 produits informatiques par an (Unités centrales, écrans, ordinateurs portables, tablettes…).

Nous n’avons jamais connu un alignement de planète comme celui-là 

Difficile pour autant de se plaindre de la conjoncture, qui reste globalement porteuse pour cet acteur reconnu du recyclage. « Nous avons une légitimité tant sur l’aspect environnemental que sociétal et nous n’avons jamais connu un alignement de planète comme celui-là », estime Sylvain Couthier. Confiant dans les capacités du groupe ATF, il a fixé la cible à atteindre entre 80 à 100 millions d’euros dans les quatre à cinq ans.

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