Solution et techno

Malt réalise sa première acquisition en rachetant Comatch

Par Mehdi Arhab | le | Marketplace

Entraînée par une croissance organique soutenue ces deux dernières années, Malt, marketplace française qui met en relation des indépendants avec des entreprises, a réalisé sa première acquisition. Elle espère devenir à terme l’acteur européen de référence pour tous les groupes souhaitant recourir à des freelances, quel que soit le métier sollicité.

Les fondateurs de Comatch et Alexandre Fretti (à droite), directeur général de Malt - © MANUEL NIEBERLE
Les fondateurs de Comatch et Alexandre Fretti (à droite), directeur général de Malt - © MANUEL NIEBERLE

Après avoir réalisé un tour de table de 80 millions d’euros en juin 2021 dans l’objectif d’élargir son champ d’influence, en proposant davantage de métiers que ceux de la Tech, la plateforme française Malt, spécialisée dans la mise en relation de Freelances et d’entreprises se distingue en acquérant l’allemand Comatch. Le montant de l’opération, réalisée pour une partie en cash, pour l’autre en titres, n’a pas été divulgué.

Fondé en 2015, Comatch est une place de marché en ligne présente dans neuf pays et revendique pas moins de 15 000 travailleurs indépendants sur son réseau. Malt en affiche quant à lui 340 000. Ainsi, le groupe dans sa nouvelle forme rassemblera 355 000 freelances et comptera plus de 30 000 clients, parmi lesquels des PME, des TPE ainsi que 1000 clients grands groupes. « À ce jour, en combiné, nous recensons dans nos rangs 80 % des entreprises du CAC 40 et du Dax comme clients », révèle Alexandre Fretti, directeur général de Malt depuis deux ans.

Des TJM moyens de 1 300 euros  

Fort d’un taux de croissance de 100 % et d’un chiffre d’affaires de 320 millions d’euros sur l’année 2021, Malt entend étendre sa proposition de valeur en s’appuyant sur celle de Comatch. L’écosystème de l’acteur allemand, qui couvre davantage de profils d’experts - des indépendants seniors, des managers de transition et des consultants en stratégie, « dont le TJM moyen s’établit à 1 300 euros, contre 500 euros en moyenne pour les profils disponibles sur Malt », commente Alexandre Fretti -, constitue une occasion considérable pour l’acteur français de se développer.

La force de Comatch réside dans sa capacité à rechercher des positionnements d’un certain rang

« Nous avons fait le choix de nous positionner sur toutes les catégories de freelances, explique Alexandre Fretti. La force de Comatch réside dans sa capacité à rechercher des positionnements d’un certain rang. Sur cette catégorie dite premium, que nous couvrons moins, nous étions moins adaptés et performants », poursuit-il. Cette opération de croissance externe, poussée par l’amplification du phénomène que constitue le recours aux travailleurs indépendants à forte valeur ajoutée, s’inscrit donc dans une volonté de gagner de nouvelles parts de marché.

La marque Comatch, elle, ne s’éteindra pas et les deux actionnaires principaux de la société allemande entrent au capital de Malt. L’objectif du groupe consistera dans un premier temps à fonder des synergies commerciales. « Nous avons, de notre côté, signé certains clients, Comatch en a signé d’autres. À terme, nos clients doivent devenir clients de Comatch et les clients de Comatch doivent inversement devenir clients de Malt. Nous poserons les questions de convergence dans un second temps. Aucun rapprochement technologique n’est prévu à court terme », développe le dirigeant.

Nous voulons vraiment nous positionner comme l’un des leaders, si ce n’est le consolidateur du marché 

 

Un milliard d’euros de chiffre d’affaires visé en 2024

Déjà présent aux Pays-Bas, en Belgique, en Allemagne et en Espagne, Malt s’invite désormais dans de nouvelles géographies grâce à son acquisition. La plateforme française s’assure entre autres une présence en Autriche, au Danemark et surtout au Royaume-Uni. Malt, qui emploie 450 collaborateurs et qui prévoit d’ailleurs d’en recruter 150 de plus au cours de l’année 2022 afin de répondre à son essor et ses divers besoins, élargit de fait considérablement sa couverture.

Dans cette chasse à l’évolution et au progrès, Malt n’a pas fini de mener des opérations de croissance externe. « Cette première acquisition en appelle d’autres. C’est un sujet que nous avons sur la table. Nous voulons vraiment nous positionner comme l’un des leaders, si ce n’est le consolidateur du marché », affirme non sans enthousiasme Alexandre Fretti. Lors de son arrivée, il avait inscrit dans sa feuille de route l’objectif d’atteindre à l’horizon 2024 le milliard d’euros de chiffre d’affaires. « Nous sommes en bonne position pour y arriver », se réjouit-il, annonçant par la même occasion un chiffre d’affaires prévisionnel 2022 de 380 millions d’euros. 

L’espoir du groupe Malt réside désormais dans l’ambition de devenir le principal réseau européen de freelances fortement qualifiés, lui qui n’était principalement reconnu pour ses indépendants des métiers de la tech. « Nous espérons modestement que ce soit nous, plutôt qu’un acteur américain qui viendrait s’installer en Europe. Pour ce faire, nous devons opérer dans des régions autres que la France et l’Allemagne et accélérer le pas, au Royaume-Uni et en Europe du Nord notamment », conclut Alexandre Fretti.

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