Solution et techno

Gérard Dahan : « Nous devons améliorer notre productivité et la standardisation du produit »

Par Guillaume Trecan | le | S2p

Fidèle à sa méthode éprouvée chez tous les éditeurs par lesquels il est passé, le nouveau directeur général de Synertrade entend placer le client au centre de toutes ses actions, avec une volonté d’améliorer le taux de rétention. Une ambition assortie d’exigences en termes de marge et de rentabilité.

Gérard Dahan : « Nous devons améliorer notre productivité et la standardisation du produit »
Gérard Dahan : « Nous devons améliorer notre productivité et la standardisation du produit »

Quel est votre rapport d’étonnement sur Synertrade ?

Il y a une chose que je ne découvre pas aujourd’hui, parce que j’ai suivi l’évolution de Synertrade et de son produit depuis le début, c’est que c’est une marque forte sur le marché du Source to Pay qui, malgré les difficultés qu’elle a pu connaître à certains moments, a toujours été capable de concurrencer les plus grands. Au bout de quelques jours, j’ai tout de même un premier étonnement positif qui concerne le grand nombre de talents au niveau produit, vente, marketing, services, ou encore au niveau de l’équipe de R&D d’une centaine de personnes totalement internalisée. C’est un élément déterminant dans mon projet fondé sur un travail d’équipe.

Quels sont les points clefs de votre feuille de route ?

L’un des premiers points de ma feuille de route consiste à travailler avec les clients. Je souhaite qu’ils orientent notre roadmap au quotidien. Nous devons remettre le client au centre de toutes nos actions. Ce nouvel état d’esprit, fondé sur la satisfaction client, doit influer sur la manière dont nous travaillons à tous les niveaux de l’entreprise, du DG jusqu’à la personne en charge de notre accueil téléphonique. Notre client est partout. Nous mettons donc en place de nouvelles méthodes qui viseront à accompagner la direction achats dans l’atteinte de ses objectifs, pas seulement en termes de coûts, mais aussi d’amélioration de processus, de TCO, de diminution du risque, d’amélioration du BFR, de rationalisation de la base fournisseurs…

Avant de fixer des objectifs ambitieux de chiffre d’affaires à atteindre, nous devons d’abord consolider l’existant

Avez-vous des objectifs en termes de chiffres d’affaires ?

Avant de fixer des objectifs ambitieux de chiffre d’affaires à atteindre, nous devons d’abord consolider l’existant. Ensuite, je me dois de fournir un plan de croissance à trois ans et à cinq ans à mon actionnaire. Nous définirons également des objectifs précis sur les clients, le taux de rétention, l’augmentation de business, les synergies commerciales avec le groupe Econocom, des objectifs de marge importants, des objectifs au niveau du service et un objectif de rentabilité.

Nous manquons de profils internationaux

Quelles sont vos ambitions en termes de gestion des talents ?

Synertrade emploie aujourd’hui 200 personnes. Nous avons ouvert une dizaine de postes au recrutement. Nous manquons de profils internationaux. Des gens expérimentés en matière de relation analystes ou de génération de lead au niveau international, qui ont déjà eu une approche globale des investissements marketing, qui ont déjà dirigé des équipes de services mondiales. Dans notre organisation, nous avons aussi besoin de réaligner les équipes, actuellement trop pays et pas assez corporate. Nous devons mettre en place une organisation mondiale, avec des responsables de BU mondiaux, des profils multilingues, capables de travailler en Espagne, en Italie, en Angleterre.

Quels sont les atouts et les marges de progrès de la plateforme Synertrade Accelerate ?

Son premier atout est d’avoir un code unique sur tout le processus achats, de l’analyse des dépenses jusqu’au PtoP, en passant par le sourcing, les enchères ou encore le CLM. Synertrade Accelerate a pour elle sa capacité à gérer un processus achats complet. Cela ne veut pas dire que nous refuserons de prendre des parts de marché uniquement sur une partie du processus, mais nous avons cette capacité à parfaitement comprendre le processus achats et à le réintégrer à l’intérieur de l’outil.

Pour ce qui est des points à améliorer dans l’entreprise, nous devrons standardiser et aligner partout dans le monde nos équipes en charge du déploiement des projets. Nous devons également améliorer notre productivité et la standardisation du produit avec nos clients.

Le groupe Econocom a décidé d’être très présent au côté de Synertrade et d’investir sur le produit

Sur quelles synergies avec le groupe Econocom pouvez-vous tabler ?

Synertrade a forcément des synergies commerciales à développer avec Econocom, qui travaille avec la plupart des grands groupes du CAC 40 et possède une quarantaine de bureaux en France. Le groupe Econocom a par ailleurs décidé d’être très présent au côté de Synertrade et d’investir sur le produit, les talents et la technologie. Ce qui va évidemment avec des objectifs ambitieux.

Avez-vous des objectifs en termes de chiffres d’affaires ?

Avant de fixer des objectifs hyper ambitieux de chiffre d’affaires à atteindre, nous devons d’abord consolider l’existant. Ensuite, je me dois de fournir un plan de croissance à trois ans et à cinq ans à mon actionnaire. Nous définirons également des objectifs précis sur les clients, le taux de rétention, l’augmentation de business, les synergies commerciales avec le groupe Econocom, des objectifs de marge importants, des objectifs au niveau du service et un objectif de rentabilité.

Nous devrons avoir des partenaires en relai

Que manque-t-il actuellement à l’écosystème de partenaires de Synertrade ?

C’est une dimension qui a été jusqu’ici négligée. Et pour arriver à une globalisation des BU, avec une organisation ayant le moins possible de déperdition dans les pays, nous devrons avoir des partenaires en relai pour prendre une partie de la tâche, dans l’implémentation, la vente, la connaissance métier, ainsi que des partenaires technologiques dont l’interface sera essentielle.

EN CHIFFRES

Groupe Econocom

10 000 collaborateurs

2,6 Mds d’€ de CA

Présent dans 18 pays

Synertrade

Environ 20 M d’€ de CA

200 collaborateurs

PORTRAIT

Gérard Dahan (63 ans, Université Paris X) a évolué, ces vingt dernières années, chez une majorité des éditeurs Source to Pay du marché français. Il était dernièrement Chief Marketing Officer et patron de la zone Europe-Moyen Orient-Afrique de l’éditeur Corcentric (ex-Determine) issu de la fusion des américains Selectica, Iasta et du français B-Pack. De 2010 à 2017, il a évolué chez la licorne du S2P Ivalua, d’abord comme directeur marketing et communication puis comme vice-président marketing, communication et customer care et enfin au poste de Directeur Général EMEA. Il a quitté Ivalua en juillet 2017 peu après une levée de fonds record de 70 M d’€ et l’entrée au capital de KKR. Auparavant, Gérard Dahan avait successivement travaillé chez les éditeurs d’e-achat Ariba (2001-2008) et BravoSolution (2008-2010). Il a aussi été directeur du marketing et des ventes Europe de l’Ouest d’Intel.

Transférer cet article à un(e) ami(e)