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Epsa renouvelle le tour de table pour doubler sa taille sous trois ans

Par Guillaume Trecan | le | Consultant

Avec Towerbrook, Epsa accueille parmi le pool de fonds qui le soutiennent un nouvel acteur susceptible de l’aider à concrétiser un peu plus vite ses ambitions de développement international.

Matthieu Gufflet, président fondateur d’Epsa. - © D.R.
Matthieu Gufflet, président fondateur d’Epsa. - © D.R.

Déjà présent au capital d’autres sociétés françaises telles qu’OVH Cloud ou encore le groupe de presse Infopro Digital (L’Usine Nouvelle, La Moniteur…), Towerbrook est un fonds d’investissement basé à Londres et New York certifié B-Corp. En prenant une part minoritaire dans Epsa, il se joint à Raise Investissement et Capza Expansion, qui ont choisi de réaffirmer leur soutien. Raise était entré au capital d’Epsa En 2019, à l’occasion d’un troisième LBO, au côté d’Initiative et Finance et de Capelia. En avril 2021, Epsa a levé 200 millions d’euros pour accélérer sa croissance.

Objectif 100 millions d’euros d’Ebitda

« Raise voulait réinvestir à nos côtés et nous avons cherché un acteur pour nous apporter une dimension internationale. C’est pourquoi nous avons choisi Towerbrook comme partenaire pour cette nouvelle étape. Capza a intégré ce tour de table avec des acteurs au profil très complémentaire », raconte le président fondateur d’Epsa, Matthieu Gufflet qui, avec une centaine de ses managers détient encore 80 % du groupe, dont 55 % à lui seul. « Notre objectif est de repartir sur un nouveau cycle de trois ans pour doubler la taille du groupe. Cette année, nous allons atteindre 170 millions d’euros d’honoraires, près de 50 millions d’euros d’Ebitda et 700 millions d’euros de chiffre d’affaires facturé, en comptant les achats réalisés dans le cadre de notre activité Marketplace. A l’issue de ce cycle, nous visons les 100 millions d’euros d’Ebitda et plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires facturés », annonce-t-il.

La croissance externe est bien sûr un levier privilégié. « Ces dernières années, nous réalisions en moyenne quatre à cinq acquisitions par an. Dans ce nouveau cycle, ce chiffre sera sans doute un peu plus restreint, mais nos cibles seront des sociétés de plus grande taille et majoritairement à l’international », détaille Matthieu Gufflet.

Une nouvelle structuration en sept métiers

Pour attaquer sereinement cette nouvelle phase de croissance, Epsa a réorganisé son offre en sept métiers, résumant la position revendiquée par Matthieu Gufflet de « plateforme multiservices regroupant tous les métiers de la performance opérationnelle durable ». « Pour croître de manière équilibrée sur chacun de ces métiers, nous nous sommes structurés en conséquence en positionnant dans chaque branche une organisation et une gouvernance dédiée », explique Matthieu Gufflet.

Le premier, historiquement et en importance, demeure le conseil achats, qui représente encore 40 % du chiffre d’affaires du groupe. Le deuxième est la marketplace, qui réalise 550 millions d’euros à 600 millions d’euros d’achats par an et compte des clients emblématiques tels que Total, L’Oréal ou encore Bosch. Deux autres métiers, étaient déjà présents dans la précédente organisation de l’offre : l’optimisation des taxes et le conseil en innovation.

La branche Energie et environnement appelé à croître rapidement

Epsa a développé trois nouveaux métiers. Celui de la transformation digitale a bénéficié des acquisitions récentes de Saaswedo (octobre 2021) et dernièrement de Lucernys (février 2022). Epsa Finance travaille sur les prêts non dilutif, les dettes bancaires, couverture de taux, affacturage… La dernière activité, appelée à un fort développement, est la branche Energie et environnement, renforcée par le rachat en mars de la société Ekodev, spécialisée notamment dans le calcul du bilan carbone. Sur ce sujet de la RSE, Epsa a également créé une Fondation en 2019.

A terme, nous devrions avoir aux Etats-Unis la taille que nous avons en France et tous nos métiers devraient y être représentés 

En ce qui concerne son développement international, c’est précisément des Etats-Unis que Matthieu Gufflet attend la plus forte croissance. Alors que les 25 personnes y travaillant actuellement pour Epsa sont positionnées sur les sujets marketplace et innovation, « à terme, nous devrions avoir aux Etats-Unis la taille que nous avons en France et tous nos métiers devraient y être représentés », ambitionne le fondateur d’Epsa. Sa société est à l’heure actuelle présente dans 35 pays et réalise plus de 40 % de son chiffre d’affaires à l’international, elle s’y appuie sur 25 bureaux employant de cinq à 150 personnes. « Nous allons atteindre 45 % cette année », promet-il. Un nouveau bureau doit ouvrir prochainement au Canada et l’Australie est également en réflexion.

Le renfort de ce nouveau tour de table pemettra enfin à Epsa Group de gagner encore en visibilité, ce qui ne pourra que renforcer du même coup sa marque employeur. « L’asset principal d’Epsa reste l’humain et il devient stratégique pour nous d’attirer des talents à la hauteur de nos enjeux de croissance et ce, quelles que soient les géographies. Nous avons également mis en œuvre des actions engageantes comme l’accès au capital de l’entreprise pour fidéliser ces managers de demain », rappelle Matthieu Gufflet. Epsa emploie aujourd’hui près de 1 600 collaborateurs et devrait aussi dépasser les 3 000 salariés dans deux à trois ans.

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