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Babilou : « il est impératif de dénicher de nouveaux leviers de croissance »

Par Mehdi Arhab | le | Direction ha

Guy Noumen, directeur des achats de Babilou depuis avril dernier, entend fournir un support utile aux clients internes et contribuer efficacement au développement constant du groupe. Il exprime également son désir d’améliorer la performance RSE des Achats et de son groupe, tout en amorçant l’implémentation d’un nouvel SI Achats. Entretien.

Guy Noumen, nouveau directeur des achats de Babilou. - © D.R.
Guy Noumen, nouveau directeur des achats de Babilou. - © D.R.

Comment définissez-vous votre rôle au sein de Babilou ?   

Je suis arrivé il y a de cela un peu plus de trois mois au sein du groupe. Je suis rattaché à la direction financière France - pilotée par Bastien Bideau -, qui elle-même siège au sein du Comex. La direction des achats adresse ce jour la majorité des achats sur le périmètre France, lesquels touchent toutes les catégories achats directs et indirects pour le compte des crèches et du siège, basé dans les Hauts de seine. Le réseau du groupe se compose de près de 450 crèches Babilou, 2 300 crèches partenaires (associatives, municipales et micro-crèches), 5000 collaborateurs en France et 12 000 collaborateurs à travers 12 pays dans le monde. Les familles d’achats les plus importantes pour les crèches convergent essentiellement sur la partie Alimentaire à travers laquelle Babilou a fait le choix d’un niveau de qualité supérieur. Concernant le siège, les volumes d’achats les plus importants se concentrent principalement sur les familles IT et Immobilier.  

Quels sont les grands axes de votre feuille de route ?

 Pour commencer, il me semble essentiel de permettre au groupe d’assurer un service de qualité, en amélioration continue. Il est important de rappeler que l’activité des crèches privée s’inscrit aussi dans une mission de service public. Il est donc nécessaire que nous proposions un éventail de choix et de services de plus en plus qualitatif au niveau des achats. Le second point fondamental se pose sur les enjeux RSE et la partie achats responsables, tant au niveau écologique qu’au niveau social et sociétal. C’est l’une des visées majeures portées par l’instance directionnelle du groupe Babilou. Pour finir, il nous faudra dénicher de nouveaux leviers de croissance et d’innovation à venir sur le marché. 

Êtes-vous en proie à des formes de pénurie ?

De manière générale, nous sommes sur des sujets et des achats de produits finis, avec une anticipation qui me semble efficace de la part de l’ensemble de nos services. Nous ne rencontrons pas aujourd’hui de difficulté sur les approvisionnements, néanmoins ce sont des sujets que nous suivons avec beaucoup d’attention. Les nouvelles communications venant de nos fournisseurs sont attendues prochainement, notamment sur les révisions tarifaires liées à l’inflation actuelle et également sur les difficultés rencontrées sur les marchés des matières premières. Nous devons nous tenir prêts.  

Vous accordez une place majeure au développement durable et à l’inclusion. Comment cela se traduira-t-il dans votre politique achats ?

Nous mettrons en place très prochainement une charte achats responsables, laquelle répond à différents besoins internes. Depuis plusieurs mois désormais, le groupe et la direction des achats sont entraînés par l’ambition d’améliorer leur performance RSE et ont engagé une première démarche afin d’être référencés par EcoVadis, plateforme d’évaluation qui nous a d’ailleurs délivré la médaille de bronze la première année, puis la médaille d’argent cette année. Notre ambition est désormais de renforcer notre engagement en la matière pour décrocher la médaille d’or.  

S’agissant de l’inclusion, nous menons également une réflexion en harmonie avec la référente diversité et inclusion chez Babilou et nous tenons des points régulièrement à ce sujet. Nous souhaitons ardemment nous transformer en entreprise à mission et nous désirons notamment en ce sens collaborer avec des Esat, qui seraient aptes à répondre à nos ambitions en matière d’inclusion au sein de notre réseau en propre et de ceux de nos partenaires. Pour ce faire, nous nous faisons accompagner par le Réseau Gesat, qui nous permettra ainsi d’identifier les familles d’achats sur lesquelles nous serions susceptibles de recourir à des personnes éloignées de l’emploi en raison de leur handicap.

Quels sont vos enjeux en matière de digitalisation de la fonction ?

À ce sujet, nous venons tout juste de déployer l’outil Ivalua sur la partie PtoP. Nous sommes actuellement en pleine implémentation de notre nouvelle suite SI Achats auprès des services du groupe, à savoir des crèches mais également auprès des directions métier du siège. Nous souhaitons atteindre sous peu un niveau de maturité satisfaisant en matière de digitalisation. Les services proposés par les Achats étant un des axes principaux dans le cadre de la maîtrise de l’engagement de dépenses, il était normal de passer à la vitesse supérieure à ce sujet, le but étant de gagner en efficience et in fine d’optimiser nos performances.  

Profiterez-vous du déploiement de votre nouvelle suite pour revoir vos processus ?

Il est certain que le déploiement d’une solution de type PtoP engendre une transformation tant digitale qu’organisationnelle dans n’importe quelle structure. Nous n’y échappons bien évidement pas. Néanmoins, la culture du changement et du management est ancrée chez Babilou, nous permettant ainsi de proposer et d’améliorer quotidiennement nos processus pour un même objectif pour tous, la performance continue.

Quelles sont vos problématiques de gestion des talents ?

J’encadre un service de quatre acheteurs, essentiellement au profil junior ou confirmé. Cela s’explique tout simplement par le fait que la direction des achats s’est récemment développée et renforcée. Si le département existe depuis un certain temps, ses missions ont au demeurant été fortement dopées ces deux dernières années. En matière de recrutement, nous menons actuellement une réflexion sur l’intégration d’un ou deux profils supplémentaires pour compléter les effectifs sur l’année à venir. Toutefois, cette équipe a pour le moment toutes les capacités nécessaires pour gérer l’ensemble des demandes et des besoins des clients internes de l’entité française de Babilou.  

Portrait :

Nommé directeur des achats de l’enseigne Babilou en avril dernier dans le cadre d’un remplacement, d’abord dans une mission de manager de transition, Guy Noumen est titulaire d’une Licence achats de l’université Paris-Est Marne-la-Vallée, ainsi que d’un Master Achats internationaux et innovation, obtenu à la KEDGE business school. Avant son arrivée à la tête des achats du réseau de crèche, il avait occupé la fonction de directeur des achats du groupe Fitness Park, pour lequel il a créé et agencé le service. Au préalable, il avait exercé comme coordinateur achats travaux au sein de Vinci, comme acheteur investissement travaux pour le compte de la SNCF et acheteur travaux pour le groupe Suez. 

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