Ha responsable

Loxam mise sur le réemploi un atout clé pour ses approvisionnements


Le spécialiste de la location de matériel pour le bâtiment et l’industrie, Loxam veut doubler le volume d’activité de son Centre de réemploi du matériel de location en fin de vie. Les pièces détachées issues de cette activité seconde vie lui permettent d’engranger des économies équivalent à 15 % de la valeur des pièces détachées achetées.

Le centre de réemploi du matériel emploi actuellement une équipe d’une vingtaine de personnes. - © Mahdi Aridj Photography
Le centre de réemploi du matériel emploi actuellement une équipe d’une vingtaine de personnes. - © Mahdi Aridj Photography

Le spécialiste de la location de matériel pour le bâtiment et l’industrie, Loxam, vient de lancer le chantier de son nouveau Centre de Réemploi des Matériels (CRM) à Arçonnay, dans la Sarthe qui doit être opérationnel fin 2026. Ce site de traitement des matériels destiné au réemploi occupera 6 432 m², implanté sur 5 hectares en lieu et place de 2 700 m2 aujourd’hui sur un site de 13 000 m2 situé à Saint-Paterne-le-Chevin, près d’Alençon (72). De quoi avoir les coudées franches pour donner corps à l’ambition de Loxam de doubler le volume d’activité de ce CRM qui permet à ses agences de terrain d’avoir accès à des pièces détachées à moindre coût.

Un catalogue interne de pièces de seconde vie pour les agences

Le CRM fonctionne avec un outil informatique qui lui permet de traiter les demandes de récupération de matériel des agences. En amont de la décision de créer le nouveau Centre de Réemploi des Matériels d’Arçonnay, Loxam a changé d’outil informatique de commandes de pièces en interne pour le rendre plus efficace. Mais, pour augmenter la part de matériel de seconde vie commandée, encore fallait-il accroître les capacités du site. « Nous n’avons pas assez de place pour entreposer les matériels que nous souhaitons démonter, pour les démonter et pour entreposer les pièces qui vont être réemployées », explique Thierry Lahuppe le directeur matériel de Loxam, dont le périmètre de responsabilité va de l’acquisition jusqu’à la seconde vie.

Thierry Lahuppe, directeur matériel de Loxam. - © Cyril Bruneau
Thierry Lahuppe, directeur matériel de Loxam. - © Cyril Bruneau

En 2024, 17 400 codes de matériels usagés ont été traités, dont 2 900 matériels volumineux qui ont été principalement envoyés sur des sites de ventes aux enchères à proximité et les 14 500 restant ont été récupérés par le CRM, grâce à une équipe de 21 collaborateurs qui devrait prendre de l’ampleur dans les années à venir.

L’économie réalisée en démontage et en récupération de nos pièces correspond environ à 15 % de la valeur des pièces achetées pour la France

Il faut dire que cette activité a beaucoup de sens pour Loxam, tant d’un point de vue environnemental que pour contribuer à la performance de ses approvisionnements. Une partie de ces 14 500 matériels passant par le centre de réemploi est démantelée pour en récupérer des pièces qui serviront à réparer les machines et réduire les coûts d’achats de pièces de rechange. « L’économie réalisée en démontage et en récupération de nos pièces correspond environ à 15 % de la valeur des pièces achetées pour la France », explique Jean Claude Maunoury, responsable du centre de réemploi des matériels qui récupère les matériels de seconde vie, sur la France, la Belgique, la Suisse et le Luxembourg.

Reconditionnement et revente des godets et des bungalows

Outre les pièces détachées, le CRM a aussi développé une activité de reconditionnement. « Pour certains types de matériel très spécifiques, nous les rénovons et nous les reconditionnons pour les remettre en location. C’est le cas des bungalows, des conteneurs ou encore des godets », complète Jean Claude Maunoury. Sachant qu’un godet reconditionné représente par exemple entre deux tiers et 70 % de sa valeur neuve.

Il est plus économique pour nous d’utiliser une pièce de réemploi qu’une pièce neuve

Aujourd’hui le CRM est une activité qui, a minima, s’autofinance. « Une machine démontée, vaut 3 à 5 fois le prix d’une machine neuve. De ce fait, sous réserve que vous réemployiez une majorité des pièces d’une machine, il vaut mieux démonter les pièces pour les réemployer que revendre un matériel d’occasion en l’état. « A cela s’ajoute le fait qu’il est plus économique pour nous d’utiliser une pièce de réemploi qu’une pièce neuve. Sans compter que nous considérons plus vertueux la seconde vie que l’achat de neuf », poursuit Jean Claude Maunoury.

Lorsque la pièce est disponible nous livrons en 24 à 48 heures, voire 72 heures pour les agences les plus lointaines

« Nous sommes aussi gagnants en termes de délais. Démonter nos propres matériels nous rend plus réactifs que les constructeurs. Cette réactivité nous permet de limiter l’immobilisation de notre matériel », explique, Thierry Lahuppe. « Lorsque la pièce est disponible nous livrons en 24 à 48 heures, voire 72 heures pour les agences les plus lointaines », explicite Jean-Claude Maunoury. Si la pièce n’est pas disponible mais présente sur une machine en attente de démontage, le CRM peut engager un dialogue avec l’agence pour l’inciter à patienter, sachant que les process définis par le groupe l’encourage grandement. « Nos mécaniciens doivent d’abord faire une demande de pièces d’occasion chez nous avant de faire une demande chez les constructeurs », précise le directeur matériel.

Jean Claude Maunoury, responsable du centre de réemploi des matériels. - © D.R.
Jean Claude Maunoury, responsable du centre de réemploi des matériels. - © D.R.

Récupérer un maximum de pièces et optimiser la logistique

Plusieurs conditions sont posées pour que cette activité CRM soit rentable. La plus difficile à remplir est d’optimiser au maximum le démantèlement d’un appareil en réussissant à redistribuer la majorité de ses pièces… sachant qu’en général, tout le monde veut les mêmes.

Un autre levier consiste classiquement à optimiser les livraisons. « Nous essayons d’optimiser les tournées en combinant à la fois plusieurs livraisons et de la récupération. Nous étendons les plages d’utilisation du camion et, dans les secteurs les plus denses, nous faisons de la mutualisation entre agence », explique Thierry Lahuppe. La logistique des livraisons du groupe repose sur un peu de sous-traitance et sur une flotte interne de plus de 400 camions (26 tonnes et 32 tonnes, essentiellement) dont 10 % roulent au biogaz.

Le CRM travaille avec cinq à six transporteurs pour toute la France. Le matériel destiné à la réforme est expédié par les agences dans ses flux entrant et sortant de de transfert de matériel entre agences, soit pour des besoins ponctuels, soit, à l’initiative de la direction du matériel pour rééquilibrer les parcs entre magasin et disposer le matériel là où la demande est la plus forte.