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Baromètre Obsar : Les achats responsables plus matures, mais sous forte contrainte économique


Le 16e baromètre de l’ObsAR confirme l’ancrage des achats responsables dans les organisations françaises. Les cartographies de risques progressent, les critères RSE s’imposent davantage dans les appels d’offres et la décarbonation gagne du terrain. Mais le manque de moyens, le retour des contraintes budgétaires et le poids croissant du critère économique rappellent que la dynamique reste fragile.

Baromètre Obsar : Les achats responsables plus matures, mais sous forte contrainte économique
Baromètre Obsar : Les achats responsables plus matures, mais sous forte contrainte économique

Les achats responsables poursuivent leur progression. Selon le 16e baromètre de l’ObsAR, 96 % des organisations interrogées ont engagé une démarche achats responsables, contre 93 % lors de la précédente édition. Plus d’un quart des répondants l’ont déployée depuis moins de deux ans, signe que le sujet continue de gagner du terrain malgré un contexte économique moins favorable.

Part des entreprises engagées dans une démarche achats responsables

  - © D.R.
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La gouvernance se renforce également. La direction générale est impliquée dans la démarche pour 93 % des répondants. Les directions achats et RSE restent les principaux pilotes du sujet, citées respectivement par 68 % et 48 % des organisations.

Les cartographies des risques et enjeux RSE généralisées

L’un des principaux enseignements concerne la gestion des risques. En 2026, 64 % des répondants déclarent mener des analyses de risques ou des cartographies. Surtout, la part des organisations qui ne réalisent aucune analyse de risques RSE tombe à 36,4 %, soit cinq points de moins qu’en 2024. Cette évolution confirme une tendance déjà amorcée après les constats formulés par l’ObsAR en 2022 et 2023, qui déploraient la faible diffusion des cartographies des risques et des enjeux RSE.

Déploiement des analyses et cartographies de risques

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La progression reste toutefois incomplète. Parmi les grandes entreprises, 13 % ne disposent toujours ni de cartographie ni d’analyse ESG. Par ailleurs, seules 11 % des organisations utilisent les résultats de leur cartographie pour adapter leurs questionnaires d’évaluation fournisseurs.

De plus en plus de critères RSE dans les appels d’offres

Les pratiques opérationnelles affichent également des avancées. Les exigences RSE sont désormais intégrées systématiquement dans les cahiers des charges par 44,3 % des répondants, soit dix points de plus que lors de la précédente édition. Plus marquant encore, l’intégration systématique de critères environnementaux et sociaux dans les grilles d’évaluation atteint 46,3 %, en hausse de 30 points. L’effet combiné de la loi Climat et Résilience et des politiques publiques semble produire ses effets.

La mesure de la performance progresse elle aussi : 38 % des répondants affirment désormais disposer d’indicateurs pertinents pour évaluer leur démarche, contre 30 % lors du précédent baromètre. La CSRD et le référentiel VSME commencent à s’imposer comme outils de pilotage.

Depuis combien de temps déployez-vous des actions de décarbonation de vos achats

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En parallèle, la décarbonation s’installe progressivement dans les pratiques achats. Près de 30 % des organisations travaillent sur le sujet depuis plus de cinq ans et deux tiers ont déjà mis en place des éléments de pilotage. Les actions concernent principalement l’introduction d’exigences environnementales auprès des fournisseurs et la réduction des émissions sur le scope 3.

Les contraintes budgétaires entravent les progrès de la RSE

Pour autant, plusieurs signaux montrent un ralentissement de la dynamique. Le manque de ressources reste la principale difficulté citée par les répondants, à 47 %. Surtout, les contraintes budgétaires font leur retour. Elles sont mentionnées par 32 % des organisations, soit une hausse de 16 points par rapport à la précédente édition.

Cette pression se retrouve dans les critères de sélection des fournisseurs. Pour 55 % des répondants, le critère économique représente désormais plus de la moitié de la note finale attribuée aux offres. L’ObsAR souligne qu’il s’agit d’une hausse de 25 points par rapport au 15e baromètre. À l’inverse, les critères RSE demeurent généralement pondérés entre 5 % et 15 %.

Les délais de paiement constituent un autre point d’attention. Près de 6 % des organisations déclarent payer leurs fournisseurs au-delà de 60 jours en moyenne, tandis qu’un tiers se situe entre 45 et 60 jours.

Enfin, la perception même des achats responsables évolue. Lors de la précédente édition, 80 % des répondants considéraient les achats responsables comme « incontournables ». Ils ne sont plus que 58,8 % en 2026. Le sujet reste néanmoins jugé important par 34,6 % des organisations et seulement 4 % estiment qu’il perd de son intérêt.

Le constat est donc contrasté. Les outils de pilotage, les analyses de risques et l’intégration des critères RSE continuent de progresser. Mais le contexte économique remet la performance financière au premier plan et limite les moyens consacrés aux démarches responsables. Après une phase d’adoption, les achats responsables semblent désormais entrer dans une phase de consolidation.