Solution et techno

Trustpair lève 20 millions d’euros et avance vers l’international

Par Mehdi Arhab | Le | Décisionnel

Trustpair, éditeur d’une plateforme Saas de gestion des risques tiers, a levé 20 millions d’euros. Un financement en série B réalisé par Tikehau Ace Capital, aux côtés de Breega et Axeleo Capital, les deux investisseurs historiques du spécialiste de la prévention de la fraude au virement. Cette opération aidera la start-up à concrétiser ses ambitions de développement international et à maintenir une croissance à trois chiffres.

Baptiste Collot, co-fondateur et actuel CEO de Trustpair - © D.R.
Baptiste Collot, co-fondateur et actuel CEO de Trustpair - © D.R.

Jamais deux sans trois. Près de cinq ans après sa fondation, Trustpair, plateforme de gestion de risques liés aux tiers permettant aux entreprises de réduire la menace des fraudes au virement, a mené la troisième levée de fonds de son histoire. Après avoir levé un million d’euros au printemps 2018 et quatre millions d’euros à l’été 2019, l’éditeur, qui emploie une centaine de salariés et compte plus de 200 clients, a cette fois-ci levé de 20 millions d’euros auprès de Tikehau Ace Capital, Breega et Axeleo Capital. Si un board impliquant les trois fonds a été mis en place, les trois co-fondateurs de la solution, Baptiste Collot, Alexandre Gillier et Simon Elcham demeurent toujours majoritaires.

Par suite de ce financement, Trustpair prévoit de s’étendre à l’international, plus particulièrement sur le Vieux continent ainsi qu’aux Etats-Unis et de développer sa proposition de valeur en répondant autant que faire se peut aux problématiques des directions financières sur la gestion des risques tiers. La start-up a également jeté les bases d’un plan de recrutement colossal à l’horizon 2024, comprenant l’engagement de 200 talents. « Nous voulons nous affirmer comme un category leader du third party risk management pour les directions financières, qui ont besoin de centraliser la gestion des risques associées à leurs tiers », témoigne Baptiste Collot, CEO de Trustpair.

Un positionnement affirmé 

En plus de fignoler l’ouverture prochaine d’un bureau chez l’Oncle Sam, à New-York plus précisément, afin de dessiner franchement son internationalisation d’ici la fin de l’année, Trustpair va concentrer ses efforts dans la recherche pour améliorer son offre. Cela dans un contexte où les problématiques de la fraude au virement sont de plus en plus prégnants. 

Ce type de malversation, qui peut prendre des formes multiples - cyberattaques, fraude au RIB, fraude au faux fournisseur ou encore phishing -, constitue en effet un véritable enjeu technique pour les grandes entreprises. Une typologie d’organisation vers laquelle la start-up se tourne de bonne grâce ; une stratégie somme toute payante. En témoignent de nombreux acteurs majeurs comme Engie, Air Liquide ou encore Decathlon, qui sont tombés dans l’escarcelle de la plateforme française.

Les torts liés à la fraude au virement ont atteint 20 milliards d’euros en 2021 et près des 3/4 des grandes entreprises sont victimes de fraudes chaque année

Un courant qui trouve sa source dans la prolifération des escroqueries dont sont victimes les grands groupes. « Les torts liés à la fraude au virement ont atteint 20 milliards d’euros en 2021 et près des 3/4 des grandes entreprises sont victimes de fraudes chaque année. L’usurpation d’identité sur un compte bancaire est finalement assez simple, les banques ne faisant pas le contrôle d’appartenance des comptes », explique Baptiste Collot.

Plus d’efficience pour un sujet explosif 

Des chiffres vertigineux dus au fait que la prévention de la fraude au virement dans les organisations professionnelles passe généralement par des process manuels lourds et chronophages. Dès lors, Trustpair mise sur l’accompagnement dans le contrôle automatique et continu des tiers, la sécurisation des paiements et l’optimisation du processus procure-to-pay. Avec un mot d’ordre : le digital constitue la meilleure des réponses.

« Les fraudes se sont massivement multipliées ces dernières années, le sujet est très sensible pour les entreprises tant la volumétrie de données est importante. La donnée d’un tiers est périssable, complexe et difficile à manier, d’autant plus qu’elle est souvent manipulée à la main et cela peut concerner parfois plusieurs dizaines de milliers de fournisseurs. Le contrôle est donc difficile, les process, qui reposent essentiellement sur l’humain, sont faillibles », déroule Baptiste Collot. 

Les directions achats pour cible

Aux yeux du dirigeant de la start-up, l’examen du risque tiers ne doit pas être traité en silo et son administration ne doit plus être l’apanage de la seule fonction finance. Partant de ce constat, Trustpair approche de plus en plus de directions achats et autres CSP. Et pour cause, la fraude au virement doit être avant tout pensée en termes de couverture globale du process PtoP. Ainsi, la jeune pousse invite d’autres lignes de métier - comptabilité, etc - à pratiquer la solution.

« Nous avons de plus en plus de projets avec des directions achats, puisque celles-ci ont également la charge de l’onboarding des tiers. Les équipes des directions financières au sens large, dans lesquelles l’on retrouve par moments les directions achats, disposent d’outils propres et séparés qui ne communiquent pas assez. De fait, les équipes n’ont pas accès à des informations centrales », expose le président de Trustpair.

Notre enjeu est d’assurer la qualité de la donnée, son exactitude dans la durée et d’identifier les risques qui lui sont associés

Trustpair revendique en ce sens une complémentarité totale avec les outils PtoP. La start-up est d’ailleurs un partenaire de choix de SAP ou encore d’Esker, éditeur français d’une solution cloud sur le cycle order to cash. Des relations qu’elle cultive au demeurant depuis un long moment pour appuyer sa vision de la gestion des risques lié aux tiers . « Des portails fournisseurs existent et des outils permettent de stocker la donnée. Notre enjeu est d’en assurer la qualité, son exactitude dans la durée et d’identifier les risques qui lui sont associés », avance Baptiste Collot.

Transférer cet article à un(e) ami(e)