Club Managers achats : la décarbonation fait monter en maturité le Travel & le MICE
Une vingtaine de directeurs achats et d’acheteurs travel et MICE réunis au sein du Club Managers Achats du 25 mars ont révélé les difficultés de participer par leur action à réduire l’empreinte environnementale et sociale de leur entreprise. Un sujet délicat mais qui contribue à donner du sens à leur action et entretenir un dialogue constructif avec les presscripteurs.
Les trois points clés du débat
• L’empreinte Travel reste faible mais participe à la trajectoire de l’entreprise
• Le sens et l’inclusion deviennent des attentes clés
• La performance achats intègre désormais la dimension RSE
Le poids minime mais non négligeable du Travel et du MICE dans l’empreinte carbone
« Dans notre groupe industriel, le travel représente moins de 1 % de l’empreinte carbone mais nous participons à la trajectoire de décarbonation globale de l’entreprise »
« Dans notre PME, le Travel ne pèse que 12 %, mais avec l’internationalisation et l’accroissement de l’activité, les vols vont mécaniquement augmenter. On sait que c’est aujourd’hui faible… mais que ça ne durera pas. »
« On s’aperçoit que la cartographie complète, sur tout le scope 3 du travel est très complexe à réaliser. La data n’est pas facile à faire remonter et l’équilibre entre les différents moyens de déplacement n’est pas toujours intuitif. »
La RSE bouscule le MICE au‑delà du seul sujet de la décarbonation
« Les nouvelles générations nous bousculent : ce qu’elles attendent d’un événement, c’est du sens, de l’inclusion et de la cohérence entre discours et pratiques. »
« On privilégie désormais les ressources locales, les filières d’insertion, et même la conception des lieux : un bâtiment éco‑conçu divise par deux nos besoins énergétiques. »
« Dans les événements, les participants veulent voir l’impact carbone, mais aussi comprendre comment on valorise le local, l’alimentation, le design responsable. »
On ne peut plus se limiter au best buy. La performance, ce n’est plus seulement le prix
La RSE intégrée dans le calcul de la performance achats du travel
« On ne peut plus se limiter au best buy. La performance, ce n’est plus seulement le prix : c’est le mix coût, carbone et cohérence avec la politique RSE. »
« On cherche des KPI crédibles alors que tout augmente : train, avion, hôtels. Comment prouver qu’on est performant quand le marché renchérit tout ? »
« La performance se mesure aussi par catégorisation : mutualiser les déplacements, optimiser les navettes, éviter les doublons… le CO₂ rejoint souvent le bon sens économique. »
Trouver l’équilibre entre décarbonation et satisfaction voyageur
« Le gaming et les messages de félicitations fonctionnent mieux que la contrainte : les collaborateurs réagissent davantage à l’encouragement qu’à l’interdit. »
« On doit laisser une part de liberté, sinon on perd l’adhésion. Selon les métiers, impossible d’imposer le même niveau d’effort à tout le monde. »
« Le vrai sujet, c’est la culture interne : les nouveaux deviennent souvent les meilleurs ambassadeurs des pratiques responsables. » Prochain rendez-vous du Club Managers Achats le 6 mai sur le thème : « La digitalisation et l’IA facilitent-elles ou complexifient-elles l’achat travel ? »