68 500 défaillances : l’économie française face à un choc durable
L’année 2025 se clôt sur un record historique de défaillances d’entreprises en France, avec 68 500 dépôts de bilan recensés sur douze mois. En hausse par rapport à 2024 et très au-dessus des niveaux d’avant-crise, cette dynamique s’installe dans la durée et fragilise plusieurs secteurs clés de l’économie.
Avec 68 500 entreprises en situation de défaillance sur un an, l’économie française franchit un seuil inédit. Ce volume, en progression par rapport à une année 2024 déjà dégradée, confirme que la normalisation espérée après la crise sanitaire n’a pas eu lieu. L’écart avec la période pré-Covid reste marqué, traduisant une fragilisation structurelle du tissu entrepreneurial et une quatrième année consécutive de hausse des faillites.
Cette dégradation touche l’ensemble des secteurs, mais certaines filières concentrent des tensions particulièrement fortes. Le transport et l’entreposage figurent parmi les plus exposés, avec des niveaux de défaillance très supérieurs à leurs références historiques. L’information-communication, le commerce automobile et l’hôtellerie-restauration enregistrent également des hausses significatives, reflet d’un environnement combinant ralentissement de l’activité, hausse des coûts et pression accrue sur les marges.
Les défaillances gagnent désormais les entreprises de taille significative
Les procédures collectives concernent désormais des entreprises de taille significative, représentant plusieurs dizaines de milliards d’euros de chiffre d’affaires cumulés
Autre évolution marquante de ce cycle : la vulnérabilité ne se limite plus aux petites structures. Les procédures collectives concernent désormais des entreprises de taille significative, représentant plusieurs dizaines de milliards d’euros de chiffre d’affaires cumulés. Cette évolution alourdit l’impact économique et social des défaillances, avec un nombre croissant de salariés concernés et une pression renforcée sur les mécanismes d’accompagnement.
Les indicateurs institutionnels convergent vers le même constat. La Banque de France faisait état à l’automne d’un niveau toujours élevé de défaillances sur douze mois glissants, malgré une légère décélération en fin d’année. De son côté, Infogreffe souligne une fin d’exercice 2025 particulièrement difficile, marquée par une forte progression des radiations d’entreprises et par un déséquilibre croissant entre créations et disparitions. Les radiations progressent nettement plus vite que les créations, confirmant la fragilisation du tissu entrepreneurial.
Pour 2026, les projections suggèrent une inflexion limitée, sans retour aux standards d’avant-crise. Même en cas de baisse modérée du nombre de défaillances, le niveau resterait durablement élevé. Dans un contexte de coûts sous tension, de marchés fragmentés et de chaînes d’approvisionnement instables, cette situation installe l’économie française sur un plateau de risque durable, avec des implications directes pour la sécurisation des activités et la gestion du risque fournisseur.