TotalEnergies : « L’IA apporte beaucoup de possibilités, mais génère aussi de nouveaux risques »
À l’occasion des HA DAYS COM, EVENT & MARKETING, qui se tiendront à Chantilly les 28 et 29 mai prochains, Alexandre Denquin, Category Manager Communication & Events chez TotalEnergies, revient sur les transformations qui impactent aujourd’hui les achats de communication et d’événementiel. Pression budgétaire, enjeux autour de l’IA, gouvernance, relation agences : comment faire évoluer les pratiques sans fragiliser la relation fournisseurs ?
Comment qualifieriez-vous aujourd’hui la relation clients-fournisseurs en matière d’achats de communication et d’événementiel dans un groupe comme le vôtre ?
Aujourd’hui, la relation est marquée par 3 éléments forts : la pression sur les prix, la pression sur les délais et le besoin de confiance. Les projets doivent être lancés de plus en plus vite, avec des budgets souvent validés tardivement, ce qui implique toujours plus de réactivité de la part des agences. Par ailleurs, nous sommes dans des relations de long terme, avec beaucoup d’interactions et de co-construction. Cela implique un besoin fort de transparence et de confiance, que ce soit sur la capacité à délivrer, la confidentialité ou la compliance. Le prix est un élément décisif au moment de la décision, mais la relation va bien au-delà. Sans confiance entre les équipes et les agences, cela ne fonctionne pas.
Comment maintenir un haut niveau d’exigence tout en respectant des contraintes budgétaires de plus en plus fortes ?
Nous évoluons dans un environnement où les budgets sont de plus en plus contraints, mais où personne ne souhaite renoncer à la qualité. L’enjeu est donc de faire aussi bien avec moins. Cela passe notamment par des logiques de mutualisation et de standardisation. Par exemple, pour les stands, nous pouvons réutiliser des dispositifs d’une année sur l’autre ou les déployer sur plusieurs salons en les adaptant : les coûts et les délais sont davantage optimisés. Le rôle des achats est aussi de renforcer le pilotage de la performance, avec des KPIs et un suivi plus structuré. Dans les métiers de la communication et de l’événementiel, ces approches ne sont pas toujours naturelles, mais elles sont essentielles pour garantir et suivre l’efficacité des engagements financiers.
Le rôle des achats est aussi de renforcer le pilotage de la performance, avec des KPIs et un suivi plus structuré.
Comment les achats peuvent-ils encadrer les évolutions technologiques, notamment l’IA, sans déséquilibrer la relation fournisseurs ?
L’IA apporte beaucoup de possibilités, mais elle génère aussi de nouveaux risques qu’il faut encadrer. On pense notamment aux enjeux de propriété intellectuelle ou de conformité. Nous avons donc un rôle important pour sécuriser ces usages, en posant un cadre contractuel clair pour que les métiers puissent utiliser ces outils en toute sécurité. En parallèle, les technologies évoluent très vite, avec des outils qui permettent de produire des contenus de manière extrêmement rapide. Cela renforce notre rôle d’accompagnement, de sourcing et de structuration. L’objectif est de trouver le bon équilibre : tirer parti de ces innovations sans créer de déséquilibres ou de risques dans la relation avec les fournisseurs, et avec un partage de la valeur créée.
Dans un groupe international, comment garantir cohérence et gouvernance dans la gestion des fournisseurs communication ?
Les décisions passent par différents niveaux de validation, ce qui garantit la maîtrise des risques et la cohérence des engagements
Chez nous, la gouvernance achats est très structurée et portée au plus haut niveau de l’entreprise. Ce cadre permet d’assurer une cohérence globale dans les pratiques. Notre rôle est d’accompagner les métiers pour que les règles soient suivies : mise en concurrence, respect des seuils d’engagement, comités de validation, référentiels communs. La centralisation des achats est un levier important pour éviter la dispersion des pratiques. Les décisions passent par différents niveaux de validation, ce qui garantit la maîtrise des risques et la cohérence des engagements. Cela est parfois perçu comme contraignant, mais c’est ce qui permet de sécuriser les opérations et d’assurer une gestion rigoureuse à l’échelle de l’entreprise.
Quel message souhaitez-vous faire passer lors de cet atelier sur la relation clients-fournisseurs ?
Il est essentiel de rappeler que nous parlons ici des achats de communication et d’événementiel, avec des spécificités fortes liées à ces métiers. Bien sûr, il existe une pression forte sur les coûts, mais tout ne se résume pas au prix. La performance repose aussi sur la qualité des services, sur la qualité de la relation et sur la capacité à construire des partenariats dans la durée. Notre objectif est de construire des relations solides qui permettent aux agences de se développer et d’investir dans la créativité. Il est également important de valoriser l’innovation, notamment autour de l’IA, tout en renforçant la transparence et la confiance dans les échanges. C’est cette combinaison qui permet de faire évoluer la relation de manière durable.
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