Création de valeur : réintégrer les achats responsables dans l’équation économique
Synthèse en quelques phrase clés, de l’atelier-débat « Création de valeur : comment remettre la démarche achats responsables dans une équation économique ? » qui s’est tenu lors des HA Days Achats responsables des 10 et 11 mars à Deauville. Alors que la RSE a tendance à descendre dans l’ordre de priorité, les directions achats doivent réussir à démontrer la valeur économique des démarches responsables.
Les trois enseignements de ce débat
• La RSE avance par blocs : éthique, droits humains et carbone sont déjà des invariants stratégiques
• La valeur économique émerge via la gestion des risques, l’innovation et la sécurisation des ressources
• La RSE s’installe durablement comme un critère de pilotage, à terme aussi incontournable que la qualité
Les invariants des politiques achats responsables
« Dans des domaines comme l’éthique, la santé-sécurité ou les droits humains, il n’y a plus de débat : c’est de la compliance, et le coût de la non‑action est rédhibitoire. »
« Les grands groupes ont désormais des trajectoires décarbonation alignées sur le Net Zéro : une fois la trajectoire fixée, elle n’est plus négociable. »
« Certaines attentes clients sont devenues structurantes : 80 % des appels d’offres intègrent désormais des critères RSE qui peuvent faire la différence entre gagner ou perdre un marché. »
Sincérité et nature des engagements
« Les lois et la pression réputationnelle font bouger les lignes : personne ne peut se permettre un scandale social ou environnemental majeur. »
« Les engagements SBTi structurent les plans d’action internes : ils deviennent une boussole plus qu’une option, avec des étapes qui rythment les décisions d’investissement. »
« La montée des critères extra‑financiers dans la communication et parfois dans la rémunération des dirigeants montre que le sujet quitte progressivement le registre du “bonus”. »
Au‑delà du carbone : les autres dimensions RSE
« La biodiversité reste la dimension la plus difficile à intégrer car le lien entre impact et risque économique n’est pas toujours immédiat. »
« Les crises récentes - énergie, matières premières, tensions géopolitiques - montrent pourtant que l’inaction devient coûteuse : la dépendance aux métaux critiques va renchérir de nombreuses chaînes d’approvisionnement. »
« L’inclusion est un levier sous‑estimé : certains modèles d’achats inclusifs sont même moins coûteux et peuvent devenir un avantage concurrentiel. »
RSE et innovation : le nouveau terrain de jeu des achats
« Beaucoup d’innovations naissent du dialogue fournisseur : lorsqu’on co‑construit, les réponses deviennent plus rapides, plus réalistes et plus rentables. »
« La RSE devient un moteur d’innovation produit, comme lorsqu’un fournisseur a adapté ses solutions pour permettre l’inclusion de publics spécifiques. »
« Pour sécuriser les matériaux critiques, il faut innover sur la circularité : recycler l’aluminium ou diversifier l’accès aux métaux devient stratégique autant qu’environnemental. »
Vers une RSE aussi incontournable que la qualité ?
« On vit aujourd’hui le même moment que la qualité il y a trente ans : ce qui paraissait “sympa mais non prioritaire” devient un passage obligé. »
« La RSE est en train d’entrer dans les business reviews comme un critère à part entière, au même titre que la performance ou la fiabilité. »
« Le défi des prochaines années sera de réunir “doing good” et “doing well” : intégrer les impacts RSE sans fragiliser la pérennité économique. »
Conclusion : la création de valeur par les achats responsables repose désormais sur une équation renouvelée : exigences non‑négociables, innovation collaborative et anticipation des risques structurels. Une transformation qui s’accélère et redéfinit le rôle stratégique des achats.