Décarboner le Scope 3 : fiabiliser les données, engager les fournisseurs, créer de la valeur
Synthèse en quelques phrase clés de l’atelier-débat « CO2 : comment embarquer votre scope 3 dans votre stratégie de décarbonation » qui s’est tenu lors des HA Days Achats responsables des 10 et 11 mars à Deauville. Mieux mesurer les émissions, concentrer les efforts sur les fournisseurs les plus contributifs, intégrer le carbone dans les arbitrages économiques et suivre des indicateurs clairs. Une transformation progressive, portée par les dirigeants, qui repose autant sur la qualité des données que sur l’animation de l’écosystème.
Les trois idées fortes à retenir
• Prioriser les fournisseurs les plus émissifs pour fiabiliser la mesure
• Engager, accompagner puis contractualiser si nécessaire
• Intégrer le carbone dans les choix économiques via les coûts évités et la valeur créée.
Fiabiliser la collecte et le pilotage du Scope 3
« Aujourd’hui, nos données restent très dépendantes d’approches basées sur les dépenses. Tant que nous n’avons pas plus de données réelles issues des fournisseurs, la trajectoire reste fragile. »
« On demande désormais aux fournisseurs de publier leurs émissions pour gagner en fiabilité : ce n’est peut‑être pas parfait, mais c’est mieux que de recalculer nous-mêmes. »
« Identifier les 20 % de fournisseurs qui pèsent 80 % du Scope 3 a été un point de bascule : on n’avance que si l’on concentre les efforts là où l’impact est mesurable. »
Engager les fournisseurs sans fragiliser la relation commerciale
« Mobiliser les fournisseurs commence par un signal fort du top management : quand le CEO porte le sujet, l’écosystème suit. »
« Le plus efficace a été de nous déplacer chez les fournisseurs : un audit énergie sur site fait émerger des solutions concrètes et crée une vraie dynamique. »
« On reste d’abord dans l’incitation, mais il y a une gradation : si un fournisseur refuse durablement d’agir, on finit par le sortir d’un appel d’offres. »
Intégrer le carbone dans les arbitrages économiques
« Parler carbone ne suffit pas : il faut traduire chaque scénario en coûts évités, en risques, en ROI. C’est là que les dirigeants basculent. »
« L’analyse de la valeur est clé : on confronte fonctions, coûts et impact carbone, et on découvre des leviers insoupçonnés. »
« Les quick wins restent essentiels : efficacité énergétique, packaging optimisé, renouvelables… Ce sont souvent les actions qui réduisent aussi les coûts. »
Suivre les bons indicateurs pour garantir une trajectoire crédible
« On ne cherche pas la perfection : l’important est d’avoir une trajectoire, des objectifs publics et un suivi régulier. »
« La progression après chaque atelier décarbonation était mesurée simplement : les fournisseurs relevaient leurs propres objectifs de 15 à 20 points. »
« Former les acheteurs change tout : une fois équipés, ils savent dialoguer avec les fournisseurs et détecter les vraies opportunités de réduction. »
Conclusion : au‑delà des méthodologies, les dirigeants réunis partagent la même conviction : la décarbonation du Scope 3 repose autant sur la qualité des données que sur l’animation des fournisseurs et la capacité des achats à intégrer le carbone dans leurs décisions. Une transformation de fond, progressive mais irréversible.